REGLAGE MX

Principes élémentaires
La précontrainte
La précontrainte est en quelque sorte une sécurité pour la moto : elle lui permet de ne pas venir en butée et ainsi éviter l’effet “coup de bélier”, elle fait partie aussi du bon fonctionnement des suspensions.
Lorsque vous descendez votre moto de son lève-moto (roue arrière ne touchant pas le sol), en la tenant en équilibre avec le guidon droit, votre garde-boue arrière doit se rapprocher légèrement de votre pneu. S’il n’y a pas de différence entre les 2 positions, il faut agir…

A quoi servent les ressorts ?
Les ressorts servent à repositionner vos suspensions en position initiale bien sûr, mais ils servent également à compléter le mouvement hydraulique généré lors de l’enfoncement.

Réglages de fourche
La compression
Des vis de réglages (annotées “comp”) sont généralement situées en haut de la fourche. Elles permettent d’ouvrir ou de fermer plus ou moins un passage hydraulique, agissant de ce fait sur la vitesse d’enfoncement.

La détente
Elle repose sur le même principe que la compression, sauf qu’ici, c’est la remontée (le retour en position “normale”) qui est concerné.

Réglages d’amortisseur
Compression lente
Une vis située au niveau de la bombonne permet de régler l’enfoncement sur les petits chocs, d’absorber toutes les aspérités d’un terrain comme les trous au freinage et l’accélération.

Compression rapide
On trouve souvent autour de la vis de compression lente, un écrou qui se règle à l’aide d’une clé à 6 pans. Ce réglage de compression intervient lors des gros chocs et fortes sollicitations comme sur les appels et réceptions de sauts.

Détente
Détente mais pas uniquement… Ce réglage joue également sur la compression pour des raisons mécaniques complexes que nous ne développeront pas (d’où l’importance de la régler avant la compression, comme nous le nous verrons par la suite).

Réglages de base
Rodage
Si vous venez d’acquérir votre moto, il vous faut roder vos suspensions, chose à laquelle on ne pense pas forcément… Pour cela libérez (desserrez) tous vos réglages le temps du rodage.

Précontrainte
Venons en maintenant aux réglages avant de rouler. Vous devez tout d’abord régler la précontrainte du ressort d’amortisseur. Vous allez commencer par prendre deux mesures, à froid : n’allez donc pas faire un tour juste avant… A vos outils !
Moto sur la béquille, mesurez la distance séparant votre axe de roue arrière d’un un point bien précis du garde-boue arrière. Descendez ensuite la machine de sa béquille, et mettez la en équilibre. Guidon droit, mesurez de nouveau la distance séparant l’axe de votre point de repère sur le garde-boue.
Vous devez obtenir une différence de 30 à 35 mm entre ces deux mesures. Si vous êtes au dessus de cette valeur, vous devez resserrer le ressort. Si vous êtes en dessous, vous devez le desserrer. Pour ce faire, il vous un marteau et un chasse goupille, c’est à dire un long axe fin au bout le moins vif possible pour ne pas (trop) abimer l’écrou.
Desserrez d’abord le contre écrou (moto sur la béquille), sinon vous allez vous fatiguer un long moment… Serrez ou desserrez ensuite l’écrou au dessus du ressort afin de le tendre ou détendre. La méthode est un peu radicale mais il n’y en pas vraiment d’autre, dites vous que c’est pour votre bien !

Fourche
Autre point, qui n’est pas un réglage à proprement parler, mais qui n’en est pas moins important, vous devez installer un témoin sur un tube de fourche (partie mobile bien sur…) afin de voir jusqu’où fonctionne votre fourche. Le mieux est de prendre un joint torique comme témoin. Seul inconvénient, vous devrez sortir un tube de fourche des tés pour le faire glisser par en haut. La solution du collier Rilsan n’est pas recommandée, car si vous faite claquer la fourche, celui-ci endommagera votre cache poussière et ensuite le joint spi.
Vous pouvez également régler la hauteur de vos tubes de fourche. En théorie, avec des tubes remontés, la moto est plus courte donc plus vive en virage mais moins stable en ligne droite. Avec des tubes rabaissés, la moto est plus longue donc plus stable en ligne droite mais moins vive en virage. Nous parlons ici de théorie car en réalité, ces réglages n’influencent que très peu le comportement de la moto pour le commun des pilotes. Cela peu en revanche apporter une aide psychologique, si cela fonctionne ne vous en privez pas.
Si vous décidez d’agir sur la hauteur des tubes dans les tés, n’oubliez pas qu’il est impératif (voire vital) de respecter les couples de serrage préconisés par le constructeur (reportez-vous à la notice technique), surtout au niveau des tés inférieurs.

Par Arnaud Vibien, avec l’aide de Régis Simon (préparateur suspensions, RS Pro ltd.)

Réglages de fourche
Réglage de compression
Commencez par remonter le témoin dont nous vous avons parlé hier sur le fourreau de fourche, puis faites quelques tours de terrain à votre rythme de course. A votre retour vous allez vérifier que votre fourche travaille sur toute la longueur, c’est-à-dire que votre témoin devra se situer entre 10 et 20 mm au dessus du bas de fourche.
Si le témoin est tout en bas, votre moto talonne, vous devrez alors resserrer plus ou moins la vis de compression. Si le témoin est à plus de 20 mm du bas de fourche, vous n’utilisez pas à 100% les capacités de la fourche, vous devrez desserrer plus ou moins la vis de compression.

Détente
Ce réglage n’est pas évident à expliquer… Le plus simple est donc de prendre un exemple concret, afin de se rendre compte des réactions souhaitées ou non. Vous êtes dans une montée (pas un mur) avec un saut, lors de la réception deux cas indésirables sont possibles.
Si le guidon vous revient vers le menton (sensation de rebond), la détente est trop libre (ouverte). Vous devrez donc resserrer plus ou moins la vis de détente.
La réaction de la moto vous semble saine, mais la roue avant ne revient pas au contact du sol immédiatement : la détente est trop freinée, et vous devrez alors plus ou moins desserrer la vis de réglage.
Cet exercice n’est pas à la portée de tout le monde : il demande un bon ressenti des sensations sur votre moto. Un oeil extérieur sera le bienvenu pour vous guider dans vos choix. Sachez également qu’une fois votre réglage effectué, vous n’aurez quasiment plus à y toucher quelles que soient les conditions.

Réglages d’amortisseur
Ces réglages se font toujours à froid, avant commencer à rouler. Il faut commencer par libérer (desserrer) au maximum les réglages de compression. N’oubliez pas qu’il y en a deux ! Vous allez ensuite régler la détente de façon ce vous sentiez un frein hydraulique lorsque vous allez remonter sèchement la moto par le garde boue arrière.
Si vous ne ressentez aucune sensation de frein, vous risquez une mauvaise réaction de la moto bien connue dans le milieu, le “coup de raquette”, qui peut vous faire passer par-dessus le guidon. Il ne faut pas non plus que vous soyez obligé de forcer pour que l’arrière de la moto remonte complètement, trouvez le juste milieu.
Vous pouvez maintenant effectuer quelques tours de roues à votre vitesse de course. Pour un fonctionnement optimal, l’amortisseur doit travailler sur toute sa longueur sans talonner, il n’est pas possible d’installer un témoin sur l’amortisseur, vous devrez ressentir vous-même si la moto “cogne” lorsqu’elle travaille, un oeil extérieur peut vous aider.
Si vous talonnez sur les sauts (à la réception, voire sur les appels) et lors de gros chocs, resserrez plus ou moins la compression rapide (avec une clé 6 pans) sans toucher à la petite vis.
Dès que vous avez trouvé le compromis le plus proche de la réaction souhaitée, vous pouvez maintenant peaufiner les réglages en resserrant plus ou moins la vis de compression lente. Ce réglage vous permet de trouver du confort dans les petits chocs.

Réglages par type de terrain
Sur terrain béton
On trouve ce type de terrain dans le Sud. Il faut libérer (desserrer) légèrement la compression de l’amortisseur et de la fourche (entre 2 et 5 crans). La détente de l’amortisseur doit aussi être desserrée, de 2 ou 3 crans seulement.

Dans la boue
La journée s’annonce sous le signe de la pluie et, couverte de boue, votre moto va s’alourdir au fil des heures : il faudra donc resserrer la compression (amortisseur et fourche) en fonction de l’enfoncement. L’idéal serait de refaire le réglage de précontrainte du ressort d’amortisseur au retour des essais en le resserrant pour éviter le talonnage.

Dans le sable
Un peu comme pour la boue, il faut freiner (serrer) les réglages de compressions (amortisseur et fourche) de 2 à 5 crans. Freinez la détente de l’amortisseur de 2 ou 3 cran.

Sur terrain plat (prairie)
Etant donné qu’il n’y a pas de saut, vous pouvez vous permettre de rouler avec des suspensions très libérées, toujours dans le but de faire travailler la fourche et l’amortisseur sur toute leur longueur.

Par Arnaud Vibien, avec l’aide de Régis Simon (préparateur suspensions, RS Pro ltd.)